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Alain Julien
Chose promise chose due voilà mon cadeau pour vos trois ans de Blog ...:
Marseille telle que je la connais
telle qu'elle m'émeut telle qu'elle me touche et telle que je l'aime
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Marseille
Qu’as-tu fait de ma ville, toi le vide et l’espace, Qu’as-tu fait de ma ville, oh toi le temps qui passe. Les saisons me séparent un peu plus chaque fois, De tes rues de tes chants et de mes premiers pas… . L’opéra a perdu son charme d’autrefois, Où les tarifs de nuit se marchandaient parfois A coup de bar, de verres, tout près des lampadaires Où la joie de ces filles tenait dans leurs manières Et les hommes passant arpentaient leurs trottoirs, Négociant leur argent contre leur bon vouloir. . Marseille la rebelle tenant dans son panier, Les truands à la pelle, des voyous de quartier, Jouant avec les flics en se voulant costaud, Mais avec l’œil qui pique au plus mauvais mélo.
Et quand tu joues aux durs, que tu tombes la veste, Refusant de plier devant tout ceux qui restent, Tu dis en rigolant et avec de grands gestes, « Les Baumettes c’est frais… j’y ferais bien mes siestes !» . Plus loin la Canebière comme une joyeuse veuve, Accroche à fleur de quai, ceux de la rive neuve, Distribuant sans cesse les bonjours des terrasses, Entrechoquant des verres, invitant ceux qui passent A s’asseoir au soleil pour parler du pays Où « l’estranger » d’Ailleurs, s’appelle « Mon Ami » ! . Le long des souvenirs voici venir Endoume, Où le chichi frégi y côtoie le loukoum, Et les bars à légion remplissent de voyages Les filles de marins et les gars de passage. A coups de gros demis qu’on remplit en entier, Parce qu’ici petite …on fait rien à moitié ! . Les quais de la Joliette où fleurissait l’accent De la rue où des gosses, au milieu du boucan Faisaient pester la mère qui garde et qui surveille, Que ces « pitchouns » là bas, chopent pas le soleil. . Les docks où arrivaient les bateaux alourdis Mais qui me font chanter que le rêve est ici, Que la misère est loin et que c’est toi Marseille, Ce reflet de ciel bleu, au pays des merveilles. . Le dernier écailleur pleure ses coquillages Oubliés quelque part, délaissés sur la plage Dans le froid des néons d’un super étalage… Prés du Prado, là bas, Borrely est sans âge, Les canards et les cygnes regardent son château, Fugaces instants, fragiles comme des ronds dans l’eau… . Et David face aux vagues s’accroche à la Corniche En parlant à la mer lui disant « t’es pas chiche », De venir jusqu'à moi, de caresser mon âme, M’offrant la tentation du toucher de la femme. Le Roucas lui répond, dressé sur son rocher, Allez va, laisse la donc partir, laisse la donc aller,
Vouloir s’en approcher c’est être un peu « cinglé » Fanny, elle est trop libre pour toi mon vieux papé… . Et la Madone en haut qui veille et qui regarde, Comme une sentinelle, qui monterait la Garde, Le bon Dieu lui répond et ensemble ils galèjent « Alors le gringalet j’attends toujours la neige… ! »
Tricotant pour ses fils des écharpes de rires Et pour qu’ils aient bien chaud réchauffe de sourires Ses plus grosses colères qui font qu’en récompense Elle finit par dire bien plus qu’elle ne pense ! . Ville d’ambiguïtés, d’extrêmes en paradoxes, C’est le soleil qui brille après une équinoxe. Pour la comprendre un peu, il faut l’aimer beaucoup, Fille du vent, insoumise et pourtant à genoux, Lorsqu’il faut secourir le bon Dieu ou le Diable, Lorsqu’il faut inviter le mendiant à sa table. C’est le mistral qui vole la vedette au soleil C’est un port plein d’étoiles que la ville surveille…
.Pays de mon enfance, combien je me rappelle, Ma mémoire fragile m’apparaît bien plus belle. . Adésias ma petite, et prends bien soin de toi… Un jour, peut être, ma route, empruntera tes pas, Un jour c’est sur je reviendrais pour voir, Si les vendeurs de rêves racontent ton histoire…
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